La fronde des usagers n'est évidemment pas seulement sur le changement d'organisation. Il y a en filigrane la découverte d'intentions cachées dans cette réorganisation. La communication trompeuse sur les avantages supposés de la redevance se trouve dès le départ mise en défaut et dénoncée sans qu'aucun élu communautaire ne parvienne plus à en justifier le bien fondé.

Tout devient beaucoup plus clair si l'on regarde ce qui se passe du coté des finances communautaires.

Escomptant que le contribuable ne sera plus en mesure de faire le lien entre la facturation des ordures ménagères et le foncier bâti, le vice président aux finances ne pouvait ignorer l'effet d'aubaine que le passage à la facturation créerait pour l'avenir: le contribuable voyant sa taxe diminuer en 2019, c'est une marge de manœuvre budgétaire qui s'entrouvrait pour l'avenir.

Impossible de développer une telle argumentation auprès du public. Il fallait donc communiquer sur autre chose, autrement dit vanter les avantages de la redevance et du tri sélectif.

Mais, le diable se cache dans les détails.

La communauté de communes s'est prise à son propre piège en négligeant de mesurer l'impact tarifaire pour les usagers. C'est ainsi que l'effet d'aubaine escompté sur le plan financier s'est retourné, lorsque les usagers ont vu arriver la première facture, et compris la supercherie.

De bien mauvaises raisons et une bonne dose de cynisme sont ainsi à l'origine de cette défiance.

Le dossier devra évidemment être entièrement repris et évalué avec rigueur et objectivité. Si nous sommes élus, nous établirons un bilan complet du nouveau service du point de vue de l'impact pour l'usager en termes de services rendus et de coût.

En attendant, les décisions politiques et la mise en œuvre de ce projet ont produit le chaos depuis l'été 2019 :

  • Aucune concertation avec les habitants sur ce projet important pour toute la population
  • Aucune consultation municipale des personnes à mobilité réduite ou restreinte dans leur déplacement pour installer les points de collecte regroupés;
  • Explosion des tarifs pour les personnes seules dans de petits logements;
  • Aucun suivi municipal pour répondre aux habitants perdus par le changement d'organisation;
  • Aucune étude d'impact sur les conséquences financières du changement du mode de recouvrement;

Et des élus qui se renvoient la balle de la responsabilité de ce fiasco à grande échelle.